Yannis La Macchia est né en 1985 à Genève.
Il est l’un des co-fondateurs du collectif Hécatombe, qui s’illustre dès sa création en 2005 par une approche singulière de ce que peut proposer l’édition de bande dessinée : des objets réfléchis pour porter une trame narrative, des supports adaptés à une autre sollicitation des lectrices et des lecteurs, a l’exact contraire du modèle industriel où l’inverse est souvent de mise, où le format détermine le reste.
Quelques mois après, La Macchia remporte le prestigieux Prix Rodolphe Töpffer pour “The beauty and new fashion hall”. Dans le même temps, cette nouvelle scène genevoise dont La Macchia est décidément l’une des chevilles ouvrières les plus impliquées, travaille sur le Monstre, un festival consacré à la micro-édition dont la première édition à lieu en 2011.
En 2014, c’est la revue “Un Fanzine Carré” dont il est l’instigateur qui obtient le Fauve de la Bande dessinée Alternative au festival d’Angoulême : quelques mois plus tôt, l’incroyable numéro “C” de cette série aura considérablement marqué le petit milieu de l’édition alternative. Ce petit cube de 9 cms d’arête, de 900 pages, à la fabrication méticuleuse et jusqu’au-boutiste, aura achevé de convaincre que La Macchia avait plus d’un tour dans son sac, et que Hécatombe était l’un des acteurs de l’auto-édition parmi les plus excitants qui soient.
En 2017, c’est chez Atrabile, structure éditoriale suisse plus ancienne mais pertinente comme au premier jour, que “Des bâtisseurs” voit le jour. Si jusque là l’auteur avait montré à quel point l’incroyable potentialité de la bande dessinée lui paraissait évidente dans ses efforts précédents, ce grand livre relie cette ambition personnelle et la notion d’architecture avec une fluidité nouvelle, tout en y insérant de grands arcs de questionnement philosophique, sociétaire et créatif. Le narratif cher à La Macchia accompagne ces constructions complexes au long terme qui traversent le récit, comme un écho aux obsessions de cet auteur-éditeur qui ne veut certainement pas se contenter de suivre une voie déjà identifiée, mais bien d’aller défricher -bâtir- des passages là où personne ne s’y attend.
Ce travail de repérage et de balisage n’est visiblement pas près de cesser, car en 2018 apparaît en librairies la collection RVB, nouvelle exploration de la forme bande dessinée, cette fois sur le versant numérique (sans pour autant oublier une forme matérialisée, d’où la présence en librairies).
Une fois encore, Yannis La Macchia fait office de tête chercheuse au service de la cause bande dessinée, et aligne les preuves manifestes d’un grand talent pour la remise en question, la sienne comme celle de la bande dessinée, tout simplement.

En ligne : yannislamacchia.com

Bibliographie :

• “Des bâtisseurs” (Atrabile, 2017).
• “Ils” (Hécatombe, 2015).
• “Réversible” (Hécatombe, 2014).
• “Quinze cases” (Hécatombe, 2014).
• “Les raisons de se cacher” (Hécatombe, 2014).
• “XXXXX” (Hécatombe, 2014).
• “No Futur is not dead” (Hécatombe, 2008).
• “The beauty and new fashion hall” (Hécatombe, 2007).
• “Roman de gare” (Hécatombe, 2005).
• “Eeeh ouais Bonhomme” (Hécatombe, 2004).

Publications collectives (sélection) :

• “Drozophile #9” (Drozophile, 2017).
• “Turkey comix #23″(The hoochie coochie, 2015).
• “Un fanzine carré # D” (Hécatombe, 2014).
• “Un fanzine carré # C” (Hécatombe, 2013).
• “Turkey comix #20” (The hoochie coochie, 2012).
• “Un fanzine carré # B” (Hécatombe, 2011).
• “Drozophile #8” (Kouma, 2011).
• “Turkey comix #18” (The hoochie coochie, 2010).
• “Un fanzine carré #A” (Hécatombe, 2010).
• “Bile noire #17” (Atrabile, 2010).