Simon Roussin fait de la bande dessinée depuis ses huit ans, mais nous sommes nombreuses et nombreux à l’avoir repéré en 2010 avec “Robin Hood”, un premier livre où son dessin surprenant, tout en coups de feutre bien marqués, servait un incroyable sens du récit épique. Aux antipodes de l’expérimentation frontale, on tenait là malgré tout quelqu’un qui avait une incroyable aisance technique et faisait le choix de l’injecter dans une trame classique : le récit d’aventure prenait un sacré coup jeune sous sa patte graphique acidulée et surprenante.

Au fil du temps, on découvrira que cet intérêt pour la réappropriation d’un certain classicisme n’était pas qu’une passade de jeunesse. En effet, après avoir obtenu son diplôme aux Arts Décoratifs de Strasbourg en 2011, Roussin ne fera qu’aligner les preuves éclaboussantes d’un talent indéniable, au fil des livres, des pages, des dessins.
Ces derniers prennent également parfois la forme de travaux de commande d’illustration qui contribuent à installer Simon Roussin dans le paysage des jeunes auteurs qui se distinguent de leurs nombreux pairs : on apercevra son trait lumineux, élégant et reconnaissable entre mille un peu partout dans les années qui suivront. Un attrait pour l’utilisation du dessin au feutre, une certaine science de la chromie en générale, avec des jeux d’aplats (empruntés à la pratique de la sérigraphie) et des effets de matière jamais gratuits : identifiable au premier coup d’œil, on vous dit.

De nombreuses affiches, couvertures de livres, travaux pour diverses institutions culturelles et autres pochettes de disques (Les Inrocks, Kiblind, The New York Times, Le Fooding, les éditions Monsieur Toussaint Louverture, le groupe Sweat Like An Ape!, la revue XXI, Libération, Télérama, The Sunday Times Magazine, la Revue Dada, The New Yorker…) ponctuent donc une bibliographie déjà conséquente pour cet encore jeune trentenaire. Et en trente ans, placer trois livres dans les sélections officielles du Festival International de la bande dessinée d’Angoulême, c’est plutôt significatif (“Lemon Jefferson et la grande aventure” en 2012, “Barthelémy, l’enfant sans âge” en en 2015, “Xibalba”, en 2019)…

Dormant probablement moins de deux heures par nuit, Simon Roussin fût également l’un des cofondateurs de la belle revue Nyctalope, et contributeur régulier de la revue SoFilm. Plus récemment, il fût le responsable de l’univers graphique déployé dans le très réussi court-métrage d’animation “Make It Soul” de Jean-Charles Mbotti Malolo, en 2018, et cela ne l’empêche pas d’enchaîner les sorties de livres, que cela soit des petits ouvrages classieux auto-édités en sérigraphie ou bien un début de cycle consacré à l’aviation (l’aventure, décidément) sous la forme de grands et épais livres qui confirment tout le bien que l’on pense de lui.

En ligne : simonroussin.blogspot.com

Bibliographie :

• “Xibalba “(éditions 2024, 2018).
• “Été Indien” (studio Fotokino, 2017).
• “Prisonnier des glaces” (éditions 2024, 2016).
• “Bingo Stars!” (jeu de cartes, auto-édition, 2016).
• “Clint Eastwood”, “Jean Seberg” (auto-éditions, 2016).
• “Ciné-club” (éditions Magnani, 2015).
• “Steve McQueen”, “Jean-Pierre Marielle “(auto-éditions, 2015).
• “La voix de Trintignant” (auto-édition, 2014).
• “Barthélémy, l’enfant sans âge” (éditions Cornélius, 2014).
• “Heartbreak Valley ” (éditions 2024, 2013).
• “Belmondo” (éditions CBO, 2013).
• “Le Bandit au colt d’or” (éditions Magnani, 2013).
• “Les Aventuriers” (éditions Magnani, 2012).
• “Lemon Jefferson et la grande aventure ” (éditions 2024, 2011)
• “Robin Hood” (éditions L’employé du Moi, 2010).

Collectifs :

• “Nicole #7” (Cornélius, 2018).
• “Nicole et Franky 4#” Cornélius, 2016).
• “Nicole et Franky” (Cornélius, 2015).
• “Nyctalope #8” (Magnani, 2015).
• “Nyctalope #7” (Magnani, 2014).
• “Jade 166U – Le jeu des influences” (6 pieds sous terre, 2013).
• “Mon Lapin #3” (L’Association, 2013).
• “Nyctalope #6” (Magnani, 2013).
• “Nyctalope #5” (Magnani, 2012).
• “Appendix” (L’Employé du Moi, 2010).
• “Cheval de Quatre #6” (Cheval de Quatre, 2009).