On aura beaucoup parlé de Judith Forest et de ses livres ces derniers mois. En peu de temps, une quasi-inconnue arrivait en faisant du bruit dans le landerneau de la scène indépendante, parce que les moments de sa vie intime relatés prenaient principalement place dans le petit monde de la bande dessinée indépendante…

Au beau milieu des tonnes de récits lorgnant du côté de l’autobiographie en bande dessinée apparus ces dernières années (et ce parfois jusqu’à l’écœurement), la sensibilité et la maîtrise de cette nouvelle auteur ont fait mouche : Les Inrocks, The Comics Journal, Le Soir, Technikart, Arte Culture et 9ème Art ont chacun à leur tour fait l’éloge de la jeune auteure d’une autobiographie critique, crue, vraie. L’engouement médiatique est tel que dès lors, pour Judith comme pour ses lecteurs, il ne s’agit plus que de remise en question, avec force angoisse et réflexions sur la sincérité de l’œuvre, les doutes que cela peut susciter, l’écart étrangement caduque entre ce que le livre raconte, et ce qui en est perçu.

On a également parlé d’imposture et de canular ; on a évoqué pêle-mêle les limites de l’auto-représentation, on a cité Romain Gary, on a parlé de mensonge, de scandale, de trahison venant d’une maison d’édition “digne”, qui a pourtant toujours joué la carte d’une certaine forme d’anticonformisme.

On a surtout assisté à la naissance d’une œuvre, et aux incroyables remous causés par rien d’autre qu’un livre.
Nous faisons le pari qu’à Pierre Feuille Ciseaux, Judith Forest saura trouver la place qui est la sienne : celle d’une jeune auteure à surveiller de près.

Née le 26 mai 1983 à Calais, Judith Forest est graphiste. Elle mène en parallèle une activité de photographe et d’illustratrice. “1h25” est sa première tentative dans le domaine de la bande dessinée.

Bibliographie

  • Momon (La Cinquième Couche, 2011)
  • 1h25 (La Cinquième Couche, 2009)