Anna Haifisch est née en 1986 à Leipzig, en Allemagne. Après sept ans d’études à l’Academy of Visual Arts, elle traverse l’Atlantique pour sérigraphier dans un studio d’impression à Brooklyn, NYC (ce qui fait toujours sympa sur un CV), puis revient creuser la place qui l’attendait depuis un moment dans le giron de la bande dessinée moderne. En 2013, avec une poignée de surmotivé.es., elle créée “The Millionaire’s Club”, un rendez-vous évémentiel autour de la bande dessinée focalisant sur les choses les plus excitantes du moment, et avec une rimbambelle excitante et prestigieuse en guise d’invité.e.s.

Est-ce que toutes ces rencontres, de New York à Leipzig, auront influencé la peinture vitriolée que dépeint l’autrice du monde de l’art ? En 2015, elle crée “The Artist”, une bande dessinée hebdomadaire pour vice.com ; et c’est un coup de génie : le monde découvre le talent de l’une des plus talentueuses autrices du moment. Avec un humour super caustique et une tonne d’auto-dérision, Anna Haifisch signe à la fois une critique acerbe du sérail artistique, et dans le même élan, un éventail d’observations sociologiques assez complet sur la société moderne. C’est probablement ce qui explique que parmi ses lecteurs, l’on ait l’impression qu’une partie considère Anna Haifish comme l’unes des autrices les plus marrantes de ces dernières années, tandis que l’autre expliquera qu’elle a rarement lu quelque chose d’aussi déprimant et pathétique.
Son approche graphique est acidulée, immédiatement reconnaissable, entre mille : au fil du temps, elle maîtrise des compositions faussement minimales, jouant avec une palette de couleurs très limitée, tout en aplats, qui rend l’œil un peu fou. Son sens de la formulation en bande dessinée est extrêmement fluide, et sollicite le lecteur juste ce qu’il faut pour qu’il y trouve son chemin. Cette simplicité apparente est assez révélatrice de la petite science mise sur pied par la jeune allemande.

D’Anna Haifisch, l’auteur américain John Porcellino dit qu’elle est “the World’s Greatest Cartoonist”, en tout simplicité évidemment. On opine du chef et on en redemande.

(Merci également aux Éditions Misma pour ce terriiiiiiiible partenariat nous permettant d’avoir Anna Haifisch à nos côtés durant PFC#6 et le Festival International de bande dessinée d’Angoulême)

En ligne : www.hai-life.cominstagram.com/the.artist942

Bibliographie (en français) :
• “The Artist #2 : Le cycle éternel” (Misma, 2018)
• “The Artist” (Misma, 2016)
• “Clinique Von Spatz” (Misma, 2015)
• “Cat Buddy in crisis” (Radio as Paper, 2014)

Bibliographie (en VO) :
• “Von Spatz” (Rotopolpress, GER, 2015 ; Drawn and Quarterly, CAN, 2018)
• “Don’t Worry” (Perfectly Acceptable Press, US, 2015)
• “The Artist” (Reprodukt, GER, 2016 ; Breakdown Press, UK ; Reservoir Books, ESP)
• “The Artist, Der Schnabelprinz” (Reprodukt, GER, 2017 ; Breakdownpress, UK, 2019)
• “Drifter” (Perfectly Acceptable Press, US, 2017)
• “Fuji-San” (Kabinett, AUT, 2018)
• “The Mouse Glass” (Perfectly Acceptable Press, US, 2018)

Collectifs :
• “Super Towers” (collectif, 2017)
• “Club Articho #1” (Les Requins Marteaux, 2016)
• “Dopututto Max numéro 9” (Misma, 2015)
• “Dopututto Max numéro 8” (Misma, 2015)
• “Dopututto Max numéro 7” (Misma, 2014)
• “Dopututto Max numéro 6” (Misma, 2014)