Les Causeries
, ce sont ces moments de rencontre avec les auteurs, qui amènent parfois à des moments marquants.
L’an dernier, lors de la seconde édition de Pierre Feuille Ciseaux, a eu lieu une belle discussion autour de la notion de critique en bande dessinée : cela n’est pas nouveau, la bande dessinée n’engendre guère l’analyse ou le regard constructif ; tout au plus une couverture médiatique des livres poussés par l’industrie (et quand bien même, cela reste rare, à l’égard des pages et des émissions consacrées au roman, au cinéma, au disque…), mais sur le langage bande dessinée, sur ses composants propres, sur ce qui la caractérise ? Pas grand chose à se mettre sous la dent, reconnaissons-le.
Il y eut de tout temps diverses revues (*), ainsi que plusieurs ouvrages, ou plus récemment des sites internet, qui aidèrent à combler cette lacune, petit à petit… Mais chacun d’eux finissent souvent par faire la même observation, ce même constat : les initiatives ne durent pas, la critique en bande dessinée peine à s’installer.

Si entre amateurs, on déplore cette carence, en s’interrogeant et en trouvant de multiples raisons sur les raisons qui la provoquent, à Pierre Feuille Ciseaux, on se réjouit de certaines rencontres : dans l’extrait vidéo ci-dessous, Xavier Guilbert (de du9), Fabien Texier (de Novo) s’entretiennent avec plusieurs auteurs, dont LL de Mars.


“Manifestement, on ne parle pas de critique cinéma”, from Géhém on Vimeo.

Ces images (**) font partie des quatre-vingt huit mille heures de film capturées par Guillaume Massart et Julien Meunier (pour Triptyque Films) qui ne resteront -malheureusement- que des rushes : le film ressemble de plus en plus à un objet fini, mais le financement de son mixage, de son étalonnage reste fort compliqué.
Ce qui a été retenu pour le film contribue énormément à poser les bases d’un autre discours sur la bande dessinée qui manque cruellement, et pas seulement de manière fimée…
On souhaite que des solutions soient vite trouvées du côté de Triptyque Films, dont nous ne manquerons pas de vous donner des nouvelles : on a vu une version avancée du film, et nous espérons qu’il sera en mesure d’être montré vite, parce qu’il est bigrement convaincant ! Il est déjà prévu une projection au prochain Festival International d’Angoulême, et évidemment, on aimerait bien pouvoir le faire partager avec les gens de passage à la troisième édition de Pierre Feuille Ciseaux, en octobre prochain… Mais l’équipe a l’air bien occupée ailleurs :


“TRIPTYQUE FILMS : ce que 2011 nous réserve…”, from Triptyque Films on Vimeo.

(*) Nous n’aurons pas la prétention de rédiger une liste exhaustive, mais on ne se gênera pas pour citer les quelques initiatives qui nous semblent essentielles, et qui ont une responsabilité dans ce qu’est, ou ce qu’aspire à être Pierre Feuille Ciseaux : “Comix Club”, onze numéros parus chez les vaillants camarades de Groinge ; “Jade”, revue à plusieurs vies, publiée par Six Pieds Sous Terre ; The Comics Journal, revue publiée aux Etats-Unis ; “L’Eprouvette”, aventure collective en trois tomes publiée à L’Association ; “Neuvième Art”, revue où se croisèrent Thierry Groenstenn ou Jean-Pierre Mercier, parmi tant d’autres ; et puis on citera évidemment “Un objet culturel non identifié : la bande dessinée”, de Thierry Groensteen (Editions de l’An 2, 2006) ; “Principes des littératures dessinées”, de Harry Morgan (L’An 2, 2003) ; “La bande dessinée et son double”, thèse de Jean-Christophe Menu (L’Association, 2011) ; “Naissances de la bande dessinée, de William Hogarth à Winsor Mc Cay”, de Thierry Smolderen (les Impressions nouvelles, 2010) ; des sites du Comics Journal, xeroxed.be, du9.org, plan-neuf.com, le Terrier, radio GrandPapier, et quelques autres.
(**) “ces plans ne sont pas dans le film, mais disons qu’ils ont une espèce de valeur de note d’intention : filmer la bande dessinée autrement, avoir un autre discours sur elle. Ils sont montés en réponse hors-sujet à ceci.”, dixit l’équipe de Triptyque Films.