3, 2, 1…

La Saline, le soleil et bientôt des auteurs à la pelle !

Voilà déjà quelques semaines qu’un noyau dur de bénévoles s’affaire pour le montage des expositions, un maximum doit être fait avant l’arrivée des auteurs ce dimanche.
(suite…)

Et pendant ce temps, à Véra Cr… Euh, en Franche-Comté…

Aller à la rencontre d’auteurs rares et en favoriser la découverte, voilà bien qui est au cœur des préoccupations de l’association ChiFouMi, vous l’aurez compris.

Et lorsque nous accueillons pour une dizaine de jours quelques auteurs étrangers, l’envie d’en profiter, et au passage d’en faire profiter les curieux de tous horizons (* !), devient assez importante pour que l’asso, accompagnée et soutenue en ce sens par le Centre Régional du Livre, organise une suite de rencontres dans diverses librairies de la région intéressées par l’idée de présenter une autre forme de bande dessinée à leurs clientèles.

De Poligny à Besançon en passant par Dole, trois auteurs américains seront donc disposés à rencontrer les lecteurs franc-comtois ; trois auteurs que nous vous invitons évidemment à découvrir juste auparavant, lors du weekend de Pierre Feuille Ciseaux : Sarah Glidden, Anders Nilsen et Zak Sally (cliquez sur les noms pour en savoir davantage sur ces auteurs).

– à Poligny le mardi 11 octobre 2011 :
dès 17h et jusqu’à 19h30, rencontre avec Sarah Glidden, Zak Sally et Anders Nilsen à la Nouvelle Librairie Polinoise.
73 Grande Rue, 39800 Poligny. 
Téléphone : 03.84.37.29.82
.


– à Dole le mercredi 12 octobre 2011 :

de 16h à 19h, rencontre avec Sarah Glidden, Zak Sally et Anders Nilsen à la librairie La Passerelle.
16 rue de la Sous-Préfecture, 39100 Dole. 
Téléphone : 03.84.72.88.53.


– à Besançon le jeudi 13 octobre 2011 :

à 20h45, rencontre avec Sarah Glidden, Zak Sally et Anders Nilsen à la librairie Les Sandales d’Empédocle.
95 Grande Rue, 25000 Besançon. 
Téléphone : 03.81.82.00.88.


Cette action est menée dans le cadre de Librairies en Fête ! En Franche-Comté : du 1er au 30 octobre 2011 dans toute la région, les libraires sont en fête et vous proposent un riche programme d’animations dans les librairies, ainsi que deux soirées littéraires et musicales exceptionnelles, les Nuits des Libraires.
La manifestation, coordonnées par le Centre régional du Livre de Franche-Comté, veut mettre à l’honneur et faire mieux connaître ces passeurs privilégiés et indispensables du livre auprès du grand public.
Centre Régional du Livre de Franche-Comté
 : 2, avenue Arthur Gaulard
, 25000 Besançon. 
Téléphone : 03.81.82.04.40.

Alors, c’est pas bath la Franche-Comté ?
A bientôt !

* : en plus des rencontres en librairies, ne manquez pas la grosse soirée bisontine du mercredi 5 octobre !

La Fabrique se marie. Oui mais avec qui ?

C’est bien beau tous ces effets d’annonce : les suisses de La Fabrique de Fanzines, au sujet desquels on ne sait pas trop si on doit encore les présenter ou pas, sortent un nouveau livre, et annoncent simultanément leur… Mariage ?!

Depuis plus de dix ans, ce curieux collectif genevois écume les festivals de bande dessinée, équipé d’un photocopieur, d’une agrafeuse et de pas mal d’enthousiasme. Invitant le curieux à collaborer à la réalisation d’un fanzine, Ibn Al Rabin, Alex Baladi, Andréas Kundig, Yves Levasseur et Benjamin Novello ont ainsi amassé quelques milliers de ces petites bandes dessinées réalisées spontanément, dans l’émulation et la simplicité de l’acte créatif brut.
Ce parcours (atelier participatif ? performance ?), leur a apporté autant qu’ils l’ont fait auprès de leurs collaborateurs d’un jour : chacun d’eux revient sur cette expérience, sur ce processus de création singulier et séduisant. L’éditeur genevois Atrabile (parmi les plus emballants du moment) publie ici un bel hommage (réalisé au passage lors d’une résidence à la Saline royale d’Arc et Senans, entre deux éditions de Pierre Feuille Ciseaux auquel les Ouvriers semblent désormais abonnés…) à la culture Do It Yourself appliquée à la bande dessinée indépendante…


(« La Fabrique de Fanzines par ses ouvriers même », éditions Atrabile, 2011.)

Mais comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule (paraît-il), notons que le samedi huit octobre de l’an de grâce deux mille onze, resplendira à jamais, dans l’enceinte idéale de la belle Saline royale, le bonheur d’un amour radieux : en effet, la Fabrique se marie (ils le disent eux-même en dernière page de leur bouquin) !
Cette magnifique célébration qui s’annonce marquante aura donc lieu à l’occasion de la troisième édition de Pierre Feuille Ciseaux ; ici, on se bat pour être la demoiselle d’honneur ou le témoin…
Nous espérons vous voir nombreux à venir embrasser la mariée !
Et ne comptez pas sur nous pour vous en dire plus…

 

Soirée d’avant Pierre Feuille Ciseaux – mercredi 5 octobre à Besançon

Certains des auteurs invités au Laboratoire de bande dessinée sont aussi musiciens, et en guise d’en cas, de première rencontre avec le weekend qui nous attend à la Saline royale le weekend des 8 et 9 octobre, nous vous invitons à les découvrir lors d’une soirée de découverte, à Besançon, le mercredi 5 octobre 2011 (en partenariat avec nos copains des Bains-Douches, de la CDM et du Club de Gym, à Besançon, encore plein de bisous à eux).

D’abord, avec deux concerts aux Bains-Douches, 1 rue de l’Ecole à Besançon, dès 18h, pour deux petits concerts semi-acoustiques (et complètement gratos) :

    
Zak Sally, venu de Minneapolis, USA, spécialement pour Pierre Feuille Ciseaux, nous montrera qu’en plus d’être éditeur et auteur, il est également musicien, comme en témoignent ses douze années en tant que bassiste dans le groupe Low, groupe au succès international qu’il préféra quitter pour se consacrer à l’édition (ô combien soignée) et à son parcours de dessinateur.
Ce qui ne l’a pas empêché de sortir l’an passé un album solo (dont l’un des singles est signé chez Sub Pop) : autant dire qu’on est plutôt content de partager ce moment à venir avec vous…

   
Ibn Al Rabin (Genève, Suisse), dont les fans ne sont pas sans savoir que le bonhomme a sorti près d’une dizaine de petits albums fait à la maison.  Ses chansons faussement minimalistes, à l’image de ses livres, lorgnent quelque part du côté de Boby Lapointe, de Jacques Lanzmann, voire même de LL Cool J. Ou quelque chose comme ça. Une guitare, des samples convoquant autant Pinball 3D sur Commodore qu’ Alain Finkielkraut, une voix : il n’en faut pas plus au bonhomme.

Pendant qu’on sera aux Bains-Douches, on en profitera pour partager une nouvelle session des 30 MINUTES, une demi-heure d’échanges entre public et auteurs présents à Pierre Feuille Ciseaux (oui, mais lesquels ? Suspense) à partager autour d’un très court atelier participatif… Pas besoin d’être un champion du dessin, pas besoin d’être auteur de bande dessinée pour participer, tout le monde est le bienvenu, et il suffit simplement de laisser l’émulation prendre le dessus…
Rendez-vous à 19h15 pile-poil pour ces 30 MINUTES, toujours aux Bains-Douches.

Chaque édition de Pierre Feuille Ciseaux a enrichi cette session, que nous avons hâte de proposer en dehors de la grande Saline royale, pour une fois !

Après cela, direction la CDM (La Cour des Miracles, 18 rue du Lycée, toujours à Besançon) pour la suite de la soirée, et quelle suite (entrée : 5 euros), dès 20h30:

 
Deschannel (de Saint Etienne) sont des clones des ingénieurs du son de Kraftwerk, ont étés séquestrés dans les studios des premiers Autechre, ont étés perdus du côté de G Stone à Vienne, puis ont étés retrouvés à Versailles en train de vendre du matériel vintage à deux types, avant d’être emmenés de force dans un club de Brooklyn pour y faire une démo de hip hop.
Le résultat accompagne leurs mélodies et leur nouvel album vient de sortir.

   
Angil & The Hiddentracks (de Saint-Etienne aussi) est un groupe à géométrie variable formé autour de Mickael Mottet, auteur-compositeur-interprète parmi les plus doués apparus ces dernières années (pas moins, non). Son approche de la composition lorgne directement du côté de la contrainte, son sens du songwriting l’éloigne de toutes sortes de comparaisons hasardeuses ; Angil est un type généreux, comme il le montrera lors cette première prestation bisontine.
A ses côtés, Guillaume Long, auteur de bande dessinée qu’on ne prendra même plus la peine de présenter (A boire et à Manger, Un café un dessin…), dessinera en direct, ajoutant ses tâches d’encre sur les partitions.

  
– Mâtin, quelle fin de soirée ! Benoît Tranchand, moitié du fracassant duo Savon Tranchand, viendra proposer un live attendu : ses compositions post-punk convoqueront une fois encore les rythmes métallurgiques d’une electro-pop foutraque et singulière, qui l’ont très vite fait remarquer. La présence du bonhomme, une fois débarrassé de son enveloppe de « simple » auteur de bande dessinée, suffit généralement à transformer une retraite bouddhiste en stroboscope humain.

De la bonne musique, plein d’auteurs comme on aime, une session de création commune…
Voilà notre manière d’offrir aux gens du côté de Besançon un avant-goût du gros weekend de Pierre Feuille Ciseaux.

  la page de l’événement sur Facebook.

Rendez-vous le mercredi 5 octobre !

Du nouveau aux Causeries, avec deux conférences de Thierry Groensteen et de Jean-Christophe Menu.

Alors que les affiches et les programmes annonçant Pierre Feuille Ciseaux devraient faire leur apparition dans les meilleures libraires autour de chez vous (merci à notre partenaire Les Belles Lettres – Diffusion Distribution), nous avons déjà quelques informations supplémentaires qui, progressivement (et ça n’est que le début !), s’ajoutent à la programmation du weekend.

En ce qui concerne, par exemple, Les Causeries, cet espace de discussion et de rencontre que nous proposons chaque année, et bien à l’occasion de cette troisième édition, nous ne sommes pas peu fiers de vous proposer deux conférences, et pas des moindres :

   T. GROENSTEEN - portrait par Nicolas Guerrin

• “Bande dessinée et art contemporain : quand deux mondes de l’art amorcent un dialogue”, conférence de Thierry Groensteen. (samedi 8 octobre)

Le monde de l’art et celui de la bande dessinée ont longtemps semblé étrangers l’un à l’autre, voire irréconciliables. Et les milieux cultivés ont souvent fait reproche à la bande dessinée de ne pas avoir épousé le mouvement de l’histoire des autres arts du XXe siècle, de ne pas être, en somme, contemporaine de l’art contemporain. Cependant, un double mouvement s’est produit ces vingt dernières années : la bande dessinée (ou plus exactement une certaine bande dessinée) s’est rapprochée des préoccupations de l’art contemporain “officiel” ; dans le même temps, les plasticiens (certains plasticiens) ont fait retour vers le dessin et la figuration.
Le moment est venu d’interroger les enjeux et les limites du dialogue qui s’est ainsi amorcé, et de se demander si la bande dessinée peut être soluble dans l’art contemporain sans se renier.

     JC Menu - portrait de David Rault

• “La bande dessinée et son Double, langage et marges de la bande dessinée : perspectives pratiques, théoriques et éditoriales”, conférence de Jean-Christophe Menu. (dimanche 9 octobre)
La thèse de doctorant de l’auteur et éditeur Jean-Christophe Menu (obtenue en janvier dernier avec mention très honorable et félicitations du jury), qui tient autant de l’essai que d’un travail de thèse “classique”, a fait l’objet d’une parution à L’Association, maison d’édition dont l’intéressé en question a longtemps eu les rennes en mains.
Ce copieux livre explore jusqu’à l’essence de la bande dessinée, mais de manière particulièrement personnelle, puisque sa forme introspective le distingue de bien des études, souvent plus académiques, mais peut-être moins passionnantes pour le lecteur « non averti » : le parcours du dessinateur, lecteur, éditeur, sur lequel on pourrait s’attarder des heures durant, est au centre de cet ouvrage que le docteur Menu viendra présenter lors de Pierre Feuille Ciseaux.

Le contenu des rencontres avec les auteurs devrait bientôt faire son apparition, lui aussi. Nous ne manquerons pas de vous le communiquer !

Les thèmes et les horaires précis de toutes les Causeries seront communiqués très prochainement.

 

Harvey Pekar et « American Splendor ».

Il y a un an, quasiment pour jour, disparaissait Harvey Pekar, auteur éminemment important dans l’histoire de la bande dessinée telle que nous la connaissons aujourd’hui.

A la fin des années 60, Harvey Pekar rencontre Robert Crumb, autre pape de la bande dessinée underground, alors au début de ce qui allait devenir une fameuse carrière. Les deux hommes, passionnés de jazz et collectionneurs de pressages originaux rares et précieux, deviennent vite assez proches pour que Harvey, séduit et persuadé des possibilités qu’offre le médium bande dessinée mais « incapable de dessiner la moindre ligne droite » (de ses propres mots), propose une collaboration à Crumb : mine de rien, il s’agissait là pour l’une des premières fois, d’emmener la bande dessinée ailleurs que dans ses sphères habituelles (la fantaisie, l’aventure, la science-fiction et autres genres bien exploités dans l’industrie du comics américain).

En 1976, Harvey Pekar démarre la publication de « American Splendor », qui allait devenir l’une des plus importantes séries de bandes dessinées si l’on en juge à l’évolution constatée depuis : Harvey Pekar y raconte sa vie, sur un modèle autobiographique depuis exploité jusqu’au trop plein (la production franco-belge de ces quinze dernières années, par exemple, est assez pléthorique lorsqu’il s’agit de raconter son quotidien…), avec une franchise, une honnêteté et un sens de la critique (sociétale, mais aussi personnelle) qui auront tôt fait d’en faire une réussite.
Outre Crumb, de nombreux autres illustrateurs acceptent de collaborer avec l’auteur de Cleveland, qui continuera d’écrire, allant jusqu’à relater son combat contre le cancer, en 1995 (« Our cancer year », réalisé avec sa femme Joyce Brabner) ; Pekar s’y montre désespérément humain, et c’est probablement ce qui fait l’énorme succès de sa création : en parlant de son morne quotidien, de la difficulté de trouver sa place dans une société qui lui renvoie chaque jour le reflet d’un marginal pour qui tout sera toujours perdu d’avance, Pekar raconte finalement la vie de bon nombre de ses contemporains.

Et le rapport avec Pierre Feuille Ciseaux, outre l’importance que revêt Harvey Pekar dans cette bande dessinée de création que nous tentons de défendre ? Eh bien lors du weekend ouvert au public (les samedi 8 et dimanche 9 octobre 2011) nous proposerons la projection du film « American Splendor », adaptation très ambitieuse qui mêle habilement documentaire, fiction, emprunts à la réalité et acteurs…

Relatant le parcours de Pekar, ainsi que les nombreuses étapes qui l’ont jalonné, ce film, construit comme un récit à tiroirs et déployant de multiples stratagèmes pour valoriser le propos de Pekar sur la pertinence du médium bande dessinée, est brillamment interprété par Pekar lui-même (et sa femme, ses collègues de travail, etc), mais aussi par des comédiens empruntant, le temps d’une ou plusieurs scène, leurs identités.
L’occasion de voir Pekar (le vrai) échanger avec Pekar (le personnage de bande dessinée, ou avec Pekar (joué par Paul Giamatti, très très bon pour endosser les habits du vrai-faux misanthrope Pekar).
Bref : un très chouette film, que l’on est très contents de pouvoir vous proposer (merci à Jean-Michel Cretin, responsable de la programmation cinéma du Théâtre de L’Espace, et à l’équipe de Diaphana Films.

Evidemment, on fera en sorte d’avoir à La Bouquinerie les indispensables traductions françaises de « American Splendor », parues chez Çà Et Là, et dont le troisième tome devrait arriver sur les tables des bonnes libraires dès la mi-septembre. Et on salue au passage le travail de cet éditeur dont on apprécie énormément le boulot.

Et avant de vous laisser (re)plonger dans les bouquins laissés par Harvey, on vous encourage à aller jeter un œil, voire deux, sur le bel hommage que lui rendent Dean Haspiel (le dessinateur de « The Quitter », scénarisé par Pekar), Set Kushner et quelques autres en cliquant sur l’image suivante :

Pierre Feuille Ciseaux #3.

Précédemment, cela ne nous était pas paru si évident, et pourtant, c’était devant nous, dès le début. Les auteurs reconnus et les aspirants. Les noms croisés mille fois au détour des allées des librairies, et ceux n’évoquant rien à personne. Les parcours qui n’ont plus rien à prouver, et ceux qui démarrent à peine…

Lors de la résidence Pierre Feuille Ciseaux, il est tellement question de création, de contraintes, du travail et de l’œuvre que cela ne laisse guère de place pour les simagrées autour du « parcours », de la « carrière ».
Très naturellement, tout le monde se met à bosser avec tout le monde, dans un élan communicatif et qui montre très vite que c’est bien dans cette voie que se situent les enjeux à relever. Et sans calcul, mais avec parfois un peu d’appréhension, la création apparaît, signée des uns et des autres, des uns avec les autres. Et cela motive le reste de la troupe à emboîter le pas…
C’est bien l’une des choses qui caractérise, au fond, ce qu’aspire à être Pierre Feuille Ciseaux : un laboratoire que les vaillantes figures anciennes comme leurs jeunes et enthousiastes disciples arpentent d’un même pas inspiré.

Lors de la seconde édition, en octobre deux-mille dix, tout le monde avait trouvé intéressante (et marrante) l’idée de Lisa Mandel de démarrer un projet de bande dessinée « industrielle« , « à la japonaise » : plus de quinze auteurs se désignent chacun un rôle précis dans la création d’une histoire, l’écrivent, mettent en place les dialogues, dessinent les premiers traits de ce que seront les personnages, les décors, découpent l’histoire, puis la dessinent, l’encrent, composent le lettrage, certains ayant même la mission de « remplir les noirs » ou de « remplir de hachures »…
L’idée était de relever le défi de pondre plus de trente planches en communauté, sans que chacun ne tente de damner le pion de son voisin, en « laissant l’ego au placard » : on laissait l’originalité de chacun à la porte, on oubliait ce qui faisaient les caractéristiques du dessin d’untel ou d’untel. Là où Pierre Feuille Ciseaux espérait avoir convoqué des univers très personnels, tout ce petit monde s’oubliait le temps d’un projet commun, jouant le jeu d’un réel travail collectif. Le résultat de ce remue-méninges de groupe prenait alors la forme d’un petit fanzine aux aspirations scénaristiques certes déstabilisantes, mais surtout d’un projet mené à terme (« Speed complot à l’italienne« ).
Si le pari peut sembler relevé à bien des titres (ne serait-ce que parce que ce projet un brin fantaisiste a bel et bien été réalisé jusqu’au bout : un premier petit tirage a été proposé aux visiteurs du week-end d’ouverture au public du laboratoire Pierre Feuille Ciseaux), la notion à relever est donc que le talent concentré lors de cette semaine est bel et bien supérieur à la somme des qualités des auteurs présents, quelques soient leurs parcours, leurs carrières, leur âge.

Dans le même temps, plusieurs autres collaborations ont su nous motiver à faire perdurer l’expérience, à reconduire cette résidence.
LL De Mars a invité Juhyun Choi à continuer un exercice débuté lors de cette même seconde édition : des mois après, ces deux auteur n’ont de cesse de se tendre de multiples perches incitant à la prise de risque permanente lors d’un « ressac » ; c’est le nom de cet exercice qui se joue à deux, et dont la contrainte principale est pour le second joueur de supprimer puis d’ajouter la moitié des cases du strip réalisé par le premier. Répétant l’opération à tour de rôle, l’exercice peut durer indéfiniment, provoquant souvent en filigrane une réflexion sur la donnée temporelle de cet exercice né dans l’émulation collective. Une fois chacun revenu à son quotidien d’auteur souvent isolé, les directions prises surprennent encore plus que l’intense intelligence et la belle poésie ayant émergé des profondeurs du laboratoire.
A des années-lumière du projet décrit plus tôt, ce ressac laisse chacun de ses auteurs découvrir et repousser l’autre dans d’intimes retranchements souvent surprenants, et bien plus que probants.

Nous ne listerons pas les multiples collaborations ayant vu le jour lors de cette manifestation encore toute jeune, mais nous pouvons toutefois citer la venue à la Saline royale, lors de l’été deux-mille dix, des suisses Alex Baladi, Ibn Al Rabin, Yves Levasseur, Benjamin Novello et Andreas Kundïg, venus mettre en branle l’énorme chantier qui est le leur : après des années à proposer aux publics de moultes festivals de bande dessinée des quatre coins du monde leur atelier de création collaboratif appelé « La fabrique de fanzines », l’idée leur est venue de réaliser un ouvrage évoquant les diverses choses qui les stimulent autant dans le fanzinat, ainsi que les réussites les plus satisfaisantes pour eux. L’ouvrage sortira en septembre/octobre de cette année chez Atrabile, l’éditeur historique des auteurs de ce collectif ; et la bande sera présente pour un événement de taille, plus détaillé dans le programme de PFC#3 : La Fabrique se marie ! Il ne faudra pas manquer ça.

Lors de la dernière édition du Festival BD à Bastia, ce sont Etienne Davodeau, Marc-Antoine Mathieu, David Prudhomme, Troubs et Rabaté qui présentaient un projet collectif dont on parlé un peu partout, et qui porte le nom de « Rupestres ». Ce projet, impulsé par David Prudhomme, était au coeur de la première édition de Pierre Feuille Ciseaux, en 2009. Tous ces auteurs (sans Rabaté, retenu au montage de son premier film, mais avec Emmanuel Guibert) ont passé une semaine à la Saline, à produire dessins, peintures, mélanges audacieux et tentatives plastiques que l’on retrouve pour la plupart dans un beau livre paru au printemps chez Futuropolis.

Dans les jours à venir, c’est au tour d’Isabelle Pralong (auteur de « L’Eléphant », chez Vertige Graphic) et Aurélie William-Levaux (« Menses Ante Rosam », à La Cinquième Couche) de venir terminer ce qu’elles ont débuté lors de leur rencontre à la première édition de Pierre Feuille Ciseaux) :  » Prédictions », cet ouvrage mariant les univers et les écritures de ces deux auteurs très remarquées (malgré peu de livres à leur bibliographies) est également publié grâce à Atrabile, qui a accueilli cette proposition inédite, prouvant une nouvelle fois qu’ils n’en sont plus à leur premier bon coup.

Il y a bien d’autres projets issus de rencontres inopinées, de pistes de travaux communs, qui justifient que l’association ChiFouMi désire attirer votre attention sur la prochaine édition du laboratoire de bande dessinée.
L’émulation, l’opportunité de prendre le temps, de prendre du temps, et les rencontres inattendues forment plus que jamais ce qui pourrait ressembler à un formidable moteur.

C’est à ce titre que pour sa troisième édition, Pierre Feuille Ciseaux creusera encore davantage son « casting » : seront également présents des auteurs en devenir qui auront montré leur intérêt pour la chose bande dessinée lors des éditions précédentes : ils ont pu être étudiants de l’Ecole des Beaux-Arts de Besançon ou de celle de Bruxelles, et présents lors des workshops mis en place les années passées, et leur énergie, leur motivation, et surtout leur talent justifient pleinement leur présence à Pierre Feuille Ciseaux. Au choix souvent cornélien qui détermine la liste des auteurs présents, s’ajoute désormais pour nous la difficulté de devoir également sélectionner, parmi plusieurs jeunes créateurs fort inspirés, celles ou ceux qui pourront rejoindre leurs « anciens ». La tâche est rude, mais ô combien stimulante !

En plus d’une poignée d’auteurs présents dès la première édition (quatre en tout, qui feront office de « forces de propositions » durant la semaine de résidence), nous accueillerons pour la première fois deux auteurs argentins, alors en résidence longue durée à la Maison des Auteurs de Bande Dessinée d’Angoulême, où quelques-uns des plus beaux talents contemporains ont usé leur crayons. Il s’agira là d’un rapprochement notable entre les franc-tireurs bisontins de l’association ChiFouMi (qui organise Pierre Feuille Ciseaux) et de la Cité Internationale de la Bande Dessinée et de l’Image d’Angoulême, qui décide ainsi de « reconnaître » notre manifestation.
Mais cela n’est pas tout…
Parce que le langage de la bande dessinée stimulante s’enrichit chaque jour aux quatre coins du monde, Pierre Feuille Ciseaux étendra également son rayon d’action au niveau géographique, en invitant des auteurs venus d’un peu partout.
La scène indépendante américaine n’a jamais été aussi enthousiasmante : qu’à cela ne tienne, trois de leurs représentants traverseront l’Atlantique pour s’essayer à l’exercice Pierre Feuille Ciseaux.
Cette semaine de résidence étendra également son champ d’action à l’Afrique du Sud ou au Liban, tout en continuant à scruter la diversité de la scène scandinave, et à creuser dans le formidable terreau frontalier, de la Belgique à la Suisse.

Comme à l’accoutumée, l’essentiel de la troupe sera constitué d’une liste absolument subjective d’auteurs qui nous semblent assez talentueux pour qu’on puisse envisager de les précipiter une semaine entre eux, et entre les grands murs de la Saline. Auteurs à l’œuvre singulière, rares ou reconnus, exigeants et curieux, ils seront plus d’une vingtaine à composer le moteur de cette troisième édition, à accepter de passer une semaine sous contraintes.
Nous espérons que dans leur sillage, vous vous laisserez tenter par l’expérience, et viendrez soutenir ce bel élan de vouloir tenter des choses faites en marge de la route la plus connue ; les détours ne sont pas toujours une perte de temps…

L’Association ChiFouMi.

Lorsque quatre auteurs débarquent aux Sandales d’Empédocle…

Le dernier weekend d’avril, l’association ChiFouMi a accueilli quelques auteurs afin d’affiner le projet de ce que sera la prochaine édition de Pierre Feuille Ciseaux, en octobre prochain.
LL de Mars, Benoît Preteseille, Ibn Al Rabin, accompagnés par Anthony Rageul, ont donc passé quelques jours à émettre des milliards de propositions afin que PFC#3 puisse satisfaire le plus grand nombre d’esprits retords qu’une telle manifestation peut attirer…
(suite…)

Le covoiturage pour Pierre Feuille Ciseaux.

Arc et Senans, magnifique petite ville des profondeurs franc-comtoises, mille cinq cent habitants, sa chapelle, son château, sa saline, sa gare sncf… Oui, n’ayez crainte, on peut tout à fait arriver à la Saline royale en train : la gare se situe à environ deux minutes à pieds, autant dire à côté.

Mais la fréquentation ferroviaire ici n’atteint pas des pics à se ficher la migraine : aussi, l’association ChiFouMi à créé une page dédiée à Pierre Feuille Ciseaux sur le site de covoiturage 123envoiture.com.

N’hésitez pas à y poster vos annonces, que vous soyez conducteur ou passager !