Au départ, Pierre Feuille Ciseaux est l’occasion de réunir une petite trentaine d’auteurs de bandes dessinées durant une semaine de résidence à la Saline royale. L’occasion de leur offrir le gîte (et quel gîte !) et le couvert en leur demandant de travailler ensemble, sous quelques contraintes.
Alex Baladi Suisse
Nous ne sommes pas peu fiers, pour cette première édition de Pierre Feuille Ciseaux, qu’Alex Baladi se soit attelé à la réalisation de son visuel ; parce qu’à bien des titres, il nous semble que Baladi représente on ne peut mieux un positionnement important : il débute dans les années 90 par la revue suisse « Sauve qui peut », et enchaîne très vite les auto-publications et les participations aux aventures éditoriales alternatives, démarrant dès lors un parcours atypique, et un positionnement farouchement personnel : après des années et autant de bouquins, après s’être frotté à l’édition que l’on osera qualifier de classique (avec un bouquin qui ne l’était pourtant guère), Baladi, plus que jamais, représente une approche sincère et passionnelle du médium bande dessinée.
Ses thèmes de prédilection trahissent ses convictions et son regard sur le monde qui l’entoure : entre poésie désabusée et constat social décalé, ses personnages, souvent débordés par une réalité assommante, semblent errer dans un monde absurde, sans cesse sur le fil. Des êtres parfois surréalistes qui peuvent sembler écorchés vifs, mais qui ont souvent en commun d’être les magnifiques reflets d’une création pertinente, critique, qui oscille entre intime et universel.
Il est l’auteur de très nombreuses affiches et illustrations, de pochettes de disques, de strip et dessins de presse (pour « Le Courrier » ou « La tribune de Genève »), a réalisé des décors de pièce de théatre ( »Othello » par le Theatro malandro en 95), et a publié chez Humeurs, Atoz, Mosquito, L’Egouttoir, Bülb Comix, Tanibis, Groinge, Delcourt, Les Requins Marteaux, Atrabile, La Joie De Lire, la Cafetière, 6 Pieds sous Terre, Castagniééé, Drozophile, Top Shelf, The Hoochie Coochie, Fantagraphics, et L’Association, et dans le Psikopat, L’horreur est humaine, Rhinocéros contre élephant, Le Cheval Sans Tête, Gorgonzola, PLG, Turkey Comix, Jade, Le Phacochère, Oxymore, Bile Noire, sans essayer de recenser un seul instant les centaines de fanzines qu’il ne cesse d’égrener au fil des années.
Bibliographie sélective
Sa bibliographie sur BulleDair
Quelques incontournables d’Alex Baladi :
- Frankenstein encore et toujours (2001, Atrabile, collection Flegme)
- Super (2002, Atrabile, collection Flegme)
- Nuit tombante (2004), Nuit Profonde (2005), Nuit Blanche (2006), Midi (2007, la Cafetière, collection Corazon)
- Peine perdue (2007, L’Association, collection Mimolette)
- Baby (2008, L’Association, collection Ciboulette)
- Encore un effort (2009, L’Association, collection Eprouvette)
- Meta Maw (2004, Drozophile, collection Maculatures)
- Rien de canard (2000, La Cafetière, collection Crescendo)
- Opus 69, avec Brice Catherin (2007, La Cafetière)
- La main droite (2004, Atrabile)






Andréas Kündig Suisse
Andréas Kündig s’obstine à faire très lentement des bandes dessinées assez courtes.
C’est sensiblement tout ce qu’on peut dire de cet auteur dont l’oeuvre est visible du côté de chez Groinge, Drozophile, Top shelf, Strapazin, Stereoscomic, Gorgonzola, Ferraille, Atrabile, Tous coupables !, L’Association…
Bibliographie sélective
Sa bibliographie sur BulleDair
Quelques incontournables d’Andreas Kundig :
- Mes meilleurs Jésus (2005, FLBLB)
- Oupus 4 (2005, L’Association)
- Friture (2002, Me Myself)
- Vous reverrez cette armoire (2002, Me Myself)
- La parthénogeneige (2001, B.ü.L.B. Comix, collection 25[w])
- L’excès de vitesse (2001, B.ü.L.B. Comix, collection 40[w])




Aurélie William-Levaux Belgique
Cela faisait un moment qu’on avait remarqué l’univers graphique troublant d’Aurélie William-Levaux (dans les pages des différentes publications proposées par Detruitu ou Mycose, également basés à Liège), mais il aura fallu qu’elle apparaisse au sommaire du collectif « Le Coup de Grâce » (publié à La Cinquième Couche) ou des redoutables « Muscle Carabine » pour véritablement marquer la rétine du lecteur.
Quelques mois plus tard, l’une des remarquables réussites de 2008 arriva en librairie sous la forme de « Menses Ante Rosam », une singulière manière d’aborder l’autobiographie, autour de la maternité et de la filiation, de multiples manières : dessin, encre, broderie, autant de techniques maîtrisées à la perfection pour servir un univers poétique, encré dans un symbolisme rare. Cela vaudra au premier grand livre de la jeune liégoise plusieurs invitations à exposer (notamment au Monte-en-l’air), et de nombreux échos extrêmement enthousiastes.
Bibliographie sélective
Sa bibliographie sur Bulledair
Quelques incontournables d’Aurélie William-Levaux :
- Menses ante rosam (2008, La Cinquième Couche)
- Le Muscle Carabine (2008-09, United Dead Artists)
- Sehnsucht (2006, Mycose Comix Factory)
- Le Tendon Revolver (2008, United Dead Artists)




Benoît Guillaume France
Lorsqu’il ne travaille pas à un nouveau film d’animation, Benoît Guillaume travaille à une nouvelle bande dessinée, à moins que cela ne soit l’inverse. Et lorsqu’il hésite trop, il s’empare de ses pinceaux et crayons pour exécuter quelques illustrations au style si particulier : ses angles faussement incohérents, son sens de la couleur (il s’illustre souvent par une bichromie à la saveur assez unique, reconnaissable entre toutes), toutes ces pistes que l’on peut suivre jusque sur son site, et surtout, dans l’une de ses apparitions sur papier.
Entre Paris et Valence, ce contributeur à nombre de collectifs (La Cinquième Couche, L’Employé du Moi, Nos Restes, French Fourch, « Polyominos » chez Bruxelles BD Strip, L’Egoutoir…) avait été notamment remarqué dans les beaux calendriers proposés par les éditions Cambourakis, ainsi que dans plusieurs flipbooks (chez FLBLB), et plus particulièrement dans « Le Coup de Grâce », paru en 2006 à La Cinquième Couche ; Il collabore régulièrement à la nouvelle mouture de Lapin, le périodique de L’Association.
Bibliographie sélective
Sa bibliographie sur BulleDair
Quelques incontournables de Benoît Guillaume :
- Lapin (2009, L’Association)
- De la fenêtre, le trompe l’œil (2006, La Cinquième Couche, collection Extracteur)
- J’ai beau faire, je ne vais jamais bien loin (2006, FLBLB, flipbook)



Benoît Preteseille France
Après un passage nuageux au cours duquel il a élaboré des décors pour des pièces de théâtre et des spectacles de cirque, Benoît Preteseille a fondé en 2004 les Editions Warum avec Wandrille.
Il fut également à l’origine des Editions Ion, collectif ayant produit et diffusé artisanalement des brochures dessinées, où il a développé son univers personnel qui voit se cotoyer Arsène Lupin, André Franquin, Francis Picabia, Erik Satie, Fantomas, etc. Les excentricités autour de l’Art avec un grand A l’amusent et le questionnent.
Il a déjà publié DADAbuk, Sexy Sadie, L’Ecume d’Ecume des Jours et Le dernier geste chez Warum, ainsi que L’Oiseau de Francis Picabia et L’Histoire Belge chez La Cinquième Couche. Il a également écrit des textes poétiques et dessinés chez Maelström et L’Egouttoir, enfin il chante dans le groupe Savon Tranchand.
Bibliographie sélective
Sa bibliographie sur BulleDair
Quelques incontournables de Benoît Preteseille :
- L’écume d’écume des jours (d’après Boris Vian) (2005, Warum, collection Civilisation)
- Dadabuk (d’après Boris Vian) (2005, Warum, collection Civilisation)
- L’oiseau de Francis Picabia (2006, La Cinquième Couche, collection Extracteur)
- L’Histoire Belge (2008, La Cinquième Couche)




Cédric Manche Belgique
C’est d’abord un sentiment de sobriété et d’élégance, qui caractérise le dessin de Cédric Manche. Puis, très vite, il s’avère que ce minimalisme de façade recèle en fait une précision saisissante d’efficacité… Ses mises en page en gauffriers précis, son utilisation récurrente d’une monochromie à peine réhaussée, ses séquences épurées qui valorisent la gestuelle, l’attitude de ses personnage, en ont fait un auteur incontournable de la scène alternative belge, publié chez Fréon ou Atrabile. Issu de l’aventure « Spon » (47 fanzines collectifs hebdomadaires réalisés en moins d’un an, en 1999), il est également l’un des co-fondateurs de l’éditeur bruxellois de L’Employé du Moi, et l’un des deux instigateurs du projet « Polyominos », projet expérimental international (et muet) rassemblant une vingtaine d’auteurs.
Il est également musicien, et fait partie des groupes Sueellen et Snowpop.
Bibliographie sélective
Sa bibliographie sur BulleDair
Quelques incontournables de Cédric Manche :
- J’ai tué Geronimo (2007, Atrabile)
- Polyominos (2007, Bruxelles BD Strip)
- Panorama (2004, Atrabile)
- Abruxellation (2000, L’Employé du Moi)
- Spon (1999, Spon)





David Prudhomme France
Né en 1969, à Tours, et longtemps Castelroussin, David Prudhomme révèle son talent à Bourges, dès l’âge de 13 ans, pendant les cours de BD que donnent, au début des années 1980, Bernard Capo et Arno, dans le cadre de l’Association pour la bande dessinée du Centre (ACBD), aïeule de BulleBerry. Grâce à la série historique Ninon secrète, sur des scénarios de Patrick Cothias, il connaît rapidement la notoriété, mais éprouve le besoin vital de se remettre en cause, de lâcher davantage son trait. Ainsi, en 2004, Décisions, sixième et dernier tome de Ninon, est-il édité dans un style graphique radicalement opposé aux cinq premiers volumes. Dans cette nouvelle voie picturale, proche de la peinture, David Prudhomme réalise notamment Port Nawak et L’Oisiveraie, puis adapte le roman onirique de Georges-Brassens paru en 1953, La Tour des miracles. Plus récemment, il a publié les deux parties de La Marie en plastique, sur un récit de son complice, Pascal Rabaté, avant d’illustrer J’entr’oubliay, de François-Villon.
Pascal Vigneron pour La Ville de Bourges
Bibliographie sélective
Sa bibliographie sur BulleDair
Quelques incontournables de David Prudhomme :
- La Marie en plastique, tome 2 (avec Rabaté) (2007, Futuropolis)
- La Farce de Maître Pathelin (2006, Editions de l’An 2)
- J’entr’oubliay (scénario de François Villon) (2006, Alain Beaulet)
- La Marie en plastique, tome 1 (avec Rabaté) (2006, Futuropolis)
- La tour des miracles (avec Davodeau) (2003, Delcourt)
- L’Oisiveraie (2002, Charrette)
- Jacques a dit (avec Rabaté) (2000, Charrette, collection La petite Saloperie)




David Scrima France
Né en 1971 (5 ans plus tôt, Steve Ditko, Jack Kirby, Paul McCartney, Ray Davies et Jacques Dutronc laissaient des empreintes qui marqueront David à jamais), il devient illustrateur, peintre (et réalise une première bande dessinée avec Cleet Boris en 97), mais aussi auteur/compositeur/interprète, puis tombe par hasard dans le tourbillon de l’industrie musicale : Julien Doré reprend « Les limites » et « dans tes rêves », deux de ses compositions. À ce jour, on ignore encore le nombre d’Aston Martin dans son garage, mais on sait par contre qu’il ne s’est pas arrêté de composer et de jouer avec ses amis, ni d’illustrer de toujours formidables chroniques de concerts et de disques.
Si l’on est amateur de bande dessinée et d’illustration, si l’on est mélomane curieux, et que l’on se tient au courant de la façon dont se porte ce monde qui nous entoure, alors on s’est probablement déjà arrêté sur une production de David Scrima : que cela soit dans les pages de Libération, de Télérama, ou des Inrocks, ses dessins et autres peintures ont fait de lui un rock-critic d’un nouveau genre, mêlant avec finesse subjectivité assumée et indépendance revendiquée. Chacun de ses ouvrages ose la jonction du meilleur des deux mondes, et se révèle être une inédite et jouissive manière de partager des avis, ou de simplement découvrir de jolis chemins de traverse.
Bibliographie sélective
Sa bibliographie sur BulleDair
Quelques incontournables de David Scrima :
- 40075km comics (2007, L’Employé du Moi)
- B.O. de mes jours (2006, En Marge)
- Add Some Music – 28 janvier 2002 – 15 juin 2002 (2004, L’Employé du Moi)
- Patate Douce numéro 2 (2002, Le Potager Moderne)
- Super-héros (avec Cleet Boris) (1997, La Comédie Illustrée)








Emmanuel Guibert France
Né en 1964 à Paris, Emmanuel Guibert se fait d’abord remarquer (outre un court passage à l’ENSAD) avec « Brune », ambitieux livre traitant de la montée du nazisme avant le début de la seconde guerre mondiale.
Ouvrage épuisant pour l’auteur qui y consacre sept années de travail, en plus de ses occupations d’illustrateur et de story-boarder.
Il passe par l’Atelier des Vosges, où il dessine aux côtés de Frédéric Boilet, Emile Bravo, Christophe Blain ou encore Joann Sfar, jusqu’à signer des œuvres communes avec certains d’entre eux, comme la chouette série jeunesse « Sardine de l’espace » mais aussi « Les olives noires », « La fille du professeur » avec Joann Sfar, ou « Le capitaine écarlate » avec David B.
C’est à la même époque, aux côtés des auteurs de L’Association, qu’il troque définitivement (?) l’ultra-réalisme pour un style qui tend vers l’épure, vers une sorte d’urgence de l’expression : cette évolution marque manifestement un tournant dans l’œuvre de l’auteur, qui, dès lors, enchaîne les expériences « d’autobiographie de seconde main » (expression qu’il emploie lui-même pour décrire ses travaux suivants, interprétations personnelles d’expériences vécues par d’autres personnes demeurant malgré tout « narrateur » des récits).
Naturellement, les premières planches du désormais classique « La guerre d’Alan » paraissent dans Lapin, la revue éditée par L’Association, et sont très vite remarquées ; cette rencontre avec un américain (alors tout jeune) ayant vécu le débarquement, et resté vivre en France, donnera quelques unes des plus belles pages signées Emmanuel Guibert. Lorsque le premier ouvrage de cette série paraît, Guibert devient instantanément un auteur précieux, dont chaque nouvelle parution sera guettée par un public de plus en plus large, jusqu’au plébiscité « Le photographe », très beau témoignage à hauteur d’hommes de la guerre menée en Afghanistan au début des années 80. Là encore, c’est une rencontre humaine (avec le photographe Didier Lefèvre, parti en Afghanistan à l’époque) qui sert d’alibi à un processus de création qui reste singulier dans le paysage de la bande dessinée. Et là encore, Guibert creuse les possibilités du médium bande dessinée, en osant une mixture de dessins et de photos qui aura marqué bien des lecteurs.
En 2007, Emmanuel Guibert fût lauréat de la Villa Kujoyama au Japon, et au tout début de cette année, le troisième tome de la très belle saga de « La guerre d’Alan » figurait dans la sélection officielle du festival d’Angoulême 2009.
Bibliographie sélective
Sa bibliographie sur BulleDair
Quelques incontournables d’Emmanuel Guibert :
- Japonais (2008, Futuropolis)
- Monographie prématurée (2006, Éditions de l’An 2)
- Va & vient (2005, L’Association)
- Oupus 4″(2005, L’Association)
- Le Pavé de Paris (2004, Ouest France)
- Le Photographe (avec Didier Lefèvre et Frédéric Lemercier, 3 tomes) (2003/2006, Dupuis, collection Aire Libre)
- Oupus 2 (2003, L’Association)
- La Campagne à la mer (2002, Ouest France éditions)
- Les Olives noires (avec Joann Sfar, 3 tomes) (2001/2003, Dupuis)
- La Guerre d’Alan (3 tomes) (2000/2008, L’Association, collection Ciboulette)
- Le capitaine écarlate (avec David B.) (2000, Dupuis, collection Aire libre)
- Ariol (avec Marc Boutavant) (Bayard Presse)
- Comix 2000 (1999, L’Association)
- La fille du professeur (avec Joann Sfar) (1997, Dupuis)
- Sardine de l’espace (avec Joann Sfar) (Bayard Presse)
- Brune (1992, Albin Michel)














Étienne Davodeau France
Étienne Davodeau est un dessinateur et scénariste de bande-dessinée, né le 19 octobre 1965 à Botz-en-Mauges en Maine-et-Loire. Étudiant au département d’arts plastiques de l’université de Rennes 2, il fonde le studio Psurde avec d’autres passionnés de BD (dont ses futurs collaborateurs Joub et Jean-Luc Simon). Il publie son premier album en 1992, L’homme qui n’aimait pas les arbres, dans la nouvelle collection pour jeunes auteurs, Génération Dargaud. Depuis, il alterne albums pour enfants et récits du réel. Ses histoires, ancrées dans la province au quotidien, tracent des portraits bien vivants de gens ordinaires aux démêlés particuliers. Aujourd’hui, Etienne Davodeau vit à Rablay sur Layon, petit village des côteaux du Layon (Maine et Loire).
« Je suis né en 1965 dans les Mauges ( c’est une région du Maine & Loire dont le nom viendrait étymologiquement de « MAUvaises GEns » en latin, vous voyez le tableau). J’y ai passé une enfance formidable. Elle a principalement consisté à me balader avec mes copains dans les champs, à tirer à la fronde d’innocents moineaux puis à ricaner bêtement sur ma mobylette devant les filles. Partie sur une courbe idéale qui faisait la fierté de mes parents, ma scolarité a reçu en pleine gueule une adolescence tourmentée. S’en est suivi un piqué en flammes assez spectaculaire. Quand je me suis réveillé au milieu des débris , ma main droite cramponnait un document noirci. Il fallait bien me rendre à l’évidence : J’avais mon bac. À Rennes, je me suis inscrit à la fac, section Arts Plastiques pour une raison qui m’échappe encore. J’y ai étudié (un peu) et dessiné (beaucoup). Avec quelques gaillards qui nourrissaient le même intérêt que moi pour la bande dessinée, nous avons fondé le studio Psurde, modeste association qui nous permit de publier nos premiers travaux, heureusement aujourd’hui introuvables. Qui étaient ces vaillants pionniers ? Olivier Maunaye, créateur du présent site, Fred Simon (Rails, Le Poisson clown, Popotka), Jean-Luc Simon (coloriste et dessinateur, pour qui j’ai écrit La Gagne), Joub avec qui j’anime Max & Zoé, ainsi que Christophe Hermenier et Thierry Guyader qui ont lâchement abandonné la bande dessinée pour la peinture et la presse. Après quelques années d’études approximatives mais fort poilantes, j’ai cédé aux encouragements de la femme de ma vie et j’ai écrit le scénario de ce qui allait devenir mon premier livre. Intitulé L’homme qui n’aimait pas les arbres, il s’est niché comme il a pu dans le catalogue Dargaud en 1992. »
Bibliographie sélective
Sa bibliographie sur BulleDair
Quelques incontournables d’Etienne Davodeau :
- Lulu femme nue, tome 1 (2008, Futuropolis)
- Un homme est mort (avec Kris) (2006, Futuropolis)
- Les mauvaises gens (2005, Delcourt, collection Encrages)
- Patate Douce 5 (2004, Le Potager Moderne)
- Chute de vélo (2004, Dupuis, collection Aire Libre)
- La tour des miracles (avec David Prudhomme) (2003, Delcourt)
- Rural ! (2001, Delcourt, collection Encrages)
- Max et Zoé (avec Joub) (5 tomes, 1999-2003, Delcourt)
- Quelques jours avec un menteur (1999, Delcourt, collection Encrages)








Florent Ruppert et Jérôme Mulot France
Est-il encore nécessaire de présenter Ruppert et Mulot ? Le tandem, en quelques petites années, a naturellement trouvé sa place de fer-de-lance de la nouvelle scène indépendante ( »la relève » pourraît être un bon raccourci) : capables d’intégrer de réelles ambitions de fond à une exigeance considérable dans la forme, ils ont en quelques pages chamboulé le paysage de la scène francophone, et même mondiale, comme en témoignent leurs participations à de formidables projets éditoriaux comme le dernier Kramers Ergot (publié aux US par Buenaventura Press/Avodah Books).
Ces deux jeunes auteurs démarrent leur carrière commune sur les bancs de l’École nationale supérieure d’arts de Dijon. Ils démarrent l’aventure Del Aventure, fanzine prometteur qui plaçait déjà la barre très haut : restructuration narrative permanente, sujets largement borderline, où caustique, cynisme et critique sociétale s’emmêlent avec brio, le mélange est détonnant et leur vaut de contribuer à Ferraille Magazine, Bile Noire, au Journal de Judith et Marinette, jusqu’à ce qu’en 2005 L’Association leur propose la publication de leur premier ouvrage.
« Safari Monseigneur » est un de ces livres marquants qui permettent, rétrospectivement, de constater qu’une nouvelle scène de jeunes auteurs, élevés aux tentatives de l’OuBaPo et largement progressistes, n’a rien raté des mouvements de ses glorieux aînés : chacun de leur ouvrage prouvera leur importance dans l’édition contemporaine de bandes dessinées, tout en donnant l’impression que ce que l’on lit ne ressemble à pas grand chose de connu. Leurs histoires sont faites principalement d’échanges narratifs et graphiques où chacun contribue, spontanément, à l’écriture et au dessin. Dur de distinguer qui fait quoi dans ce brouhaha d’idées minutieusement distillées, et il faut bien reconnaître que le lecteur aura bien autre chose à faire…
Leur réévaluation permanente du découpage et de la narration font de Florent Ruppert et Jérôme Mulot un duo qu’on ne peut éviter lorsqu’on évoque la bande dessinée d’aujourd’hui : l’absence de tabous des sujets évoqués, le jusqu’auboutisme de radicalité formelle, l’inventivité de la forme, leur audace (jamais gratuite), tout cela fait de chacune de leurs interventions (livres, expositions, propositions virtuelles sur leur site, rencontres/performances…) un événement que l’amateur de bande dessinée curieux ne saurait manquer.
Bibliographie sélective
Leur bibliographie sur BulleDair
Quelques incontournables de Florent Ruppert et Jérôme Mulot :
- Lapin 37, 38 (2009, L’Association)
- Le tricheur (2008, L’Association)
- Sol Carrelus (2008, L’Association, collection Eperluette)
- Gogo Club (2007, L’Association, collection Mimolette)
- La poubelle de la place vendôme (2006, L’Association, collection Patte de Mouche)
- Panier de singe (2006, L’Association, collection Ciboulette)
- Safari Monseigneur (2005, L’Association, collection Ciboulette)






Guillaume Long France
Le parcours éditorial de Guillaume Long parle pour lui : reperé et publié d’abord chez Vertige Graphic, Guillaume y signe ses premiers ouvrages, qui le propulsent très tôt comme digne rejeton de la « nouvelle bd » (lire : ceux qui marchaient dans les pas d’un Trondheim) ; en 2002, il y évoque dans une première autobiographie remarquée ses années d’étudiant aux Beaux-Arts de St-Etienne, avec malice et humour. Il enchaîne ensuite de multiples projets, comme autant d’envies, d’expériences, pour de multiples éditeurs (Vertige Graphic, Kstr, Alice Jeunesse, La Joie de Lire) et dans de nombreuses initiatives collectives (pour Groinge, Atrabile, Les Rêveurs, Silver, « Tous coupables ! », Myxomatose, Gorgonzola, L’Affaire du Siècle Tome 5, Me Myself, Rhinocéros contre Eléphant…).
Entre temps, il enchaîne les reconnaissances de ses pairs (le significatif Prix Töpffer, entre autres) et quitte la ville pour la verdure franc-comtoise, où il se consacre à l’illustration, principalement pour la presse jeunesse (J’aime lire), mais aussi pour des pochettes de disques (pour Angil & the Hiddntracks), ou à tenir plusieurs blogs à jour (Autobiogriffue, uncaféundessin).
Pour Pierre Feuille Ciseaux, il retrouve d’ailleurs Angil sur scène le samedi soir, pour un concert où en direct, Guillaume jouera de ce qu’il connaît le mieux : le crayon.
Bibliographie sélective
Sa bibliographie sur BulleDair
Quelques incontournables de Guillaume Long :
- Plâtatras! (2009, La Joie de Lire, collection Somnambule)
- La cellule (2008, KSTR, avec Costes Fabienne)
- Anatomie de l’éponge (2006, Vertige Graphic)
- Hin hin! (2002, Me Myself)
- Comme un poisson dans l’huile (2002, Vertige Graphic)





Isabelle Pralong Suisse
Isabelle Pralong est une auteure à l’œuvre rare, dont chaque livre est attendu, encore davantage depuis la parution de « L’éléphant », une subtile autofiction faite de pudiques et touchantes retrouvailles d’une femme avec son père.
Tout en retenue et en subtilité, cette histoire de filiation grave mais drôle, au trait expressif (l’auteur a d’abord été peintre avant d’être attirée par un médium plus « bavard »), aura marqué ses lecteurs (prix Töppfer, prix Essentiel Révélation au Festival d’Angoulême 2008…), et posé une pierre essentielle dans une bibliographie qui mérite qu’on s’y attarde. Isabelle Pralong, diplômée d’illustration à l’Institut européen de design de Milan, démontre, au fil de ses pages une approche impulsive et précieuse : elle travaille sans esquisse, dans l’urgence de l’expression . Elle est publiée notamment chez B.ü.l.b Comix, Drozophile, et Atrabile.
Bibliographie sélective
Sa bibliographie sur BulleDair
Quelques incontournables d’Isabelle Pralong :
- L’éléphant (2007, Vertige Graphic)
- Fourmi? (2004, La Joie de Lire, collection Somnambule)
- Ficus (1999, Atrabile, collection Sang)



Jean-Christophe Menu France
Évoquer Jean-Christophe Menu en quelques lignes ? Mission impossible, à moins de vouloir rédiger une grande liste de faits remarquables en guise de biographie ; difficile de résumer la vie du personnage, il faut bien l’avouer, sans succomber à la tentation du listing kilométrique…
On devra cependant commencer par spécifier que l’engagement permanent et inconditionnel auprès de la scène alternative de Menu-l’éditeur (a la tête de L’Association, notamment), occulte très probablement l’œuvre de Menu-l’auteur. Et c’est fort dommage, même si personne ne se plaindra des phénoménales propositions faites par L’Association au fil de toutes ces années…
Né en 64, le petit Menu « tombe dans la bande dessinée » pour ne jamais en ressortir. Enfant, il « édite » de multiples bandes dessinées, qu’il réalise avec minutie et passion, dès le plus jeune âge (il créée également son personnage Lapot, qui servira par ailleurs de matière première au Lapinot de Trondheim quelques années plus tard). Lycéen, il crée un fanzine, « le lynx à tifs ». Au cours des années 80, il rencontre Stanislas à l’ADAC, et créé avec ce dernier et Mattt Konture l’Association pour l’Apologie du Neuvième Art Libre (l’AANAL), et publie alors les premières Pattes de Mouche (le minuscule format devenu depuis une grande collection à L’Association), tout comme moultes auteurs dans la revue collective Le Lynx, qui déjà associe bande dessinée (Dupuy-Berberian, Placid, Muzo, Max, Götting…) et articles polémiques.
Meder, l’une de ses créations marquantes, apparaît dans le Psykopat ; Menu édite ensuite son premier livre (une aventure de Lapot) chez Futuropolis (le Futuro originel, et pas la seconde mouture de ces dernières années), puis, en 90, collabore à l’unique numéro de la revue Labo, aux côtés de Mattt Konture, Stanislas, David B., Killoffer, Lewis Trondheim et Mokeït, soit les futurs fondateurs de L’Association, qui verra le jour quelques mois plus tard.
À L’Association, Menu prend rapidement les rennes d’initiatives éditoriales marquantes : les envies d’exploration du médium bande dessinée, d’expérimentation des uns et des autres trouveront alors leur cadre avec la création de l’OuBaPo (pendant de l’OuLiPo de Queneau et Perec), dont Menu est le président ; l’incroyable Comix 2000, un pavé de plus de 2000 pages, recensant 300 auteurs internationaux, entièrement muet (et donc universel) ; un positionnement éditorial en dehors des sentiers battus, dénonçant au passage le cloisonnement imposé par le format standard franco-belge du sempiternel album de 48 pages cartonné en couleur, ou le manque de créativité et le formatage produit par les « gros » éditeurs, ainsi (surtout ?) que leur tendance à la récupération ; et ce même positionnement prenant également la forme d’articles, d’analyses et de livres polémiques, comme le pamphlet « Plates-Bandes » publié en 2005 (et qui a fait couler quelques tonnes d’encre et de fiel), ou la très complète revue « L’Éprouvette » (3 tonnes parus en quelques mois).
Jean-Christophe Menu est devenu régent de Magirosophie du Collège de Pataphysique, est actionnaire de l’hebdomadaire Le Tigre, et demeure l’une des figures les plus incontournables, les plus essentielles du paysage de la bande dessinée alternative mondiale.
Bibliographie sélective
Sa bibliographie sur BulleDair
Quelques incontournables de Jean-Christophe Menu :
- Lock Groove Comix (2 tomes, 2008, L’Association, collection Mimolette).
- L’Éprouvette, numéro 3 (2007, L’Association).
- Toy comix (2007, L’Association).
- La topographie interne du M. (2007, Les Requins Marteaux).
- L’Éprouvette, numéro 2 (2006, L’Association).
- Munographie (avec Thierry Groensteen, Guillaume Bordry, Fabrice Neaud et Pacôme Thiellement) (2006, Éditions de l’An 2).
- L’Éprouvette, numéro 1 (2006, L’Association).
- Plates-bandes (2005, L’Association, collection Éprouvette).
- Oupus 4 (2005, L’Association).
- Fabuleux Furieux ! – Hommage en Freak Style (2004, Les Requins Marteaux).
- Oupus 2 (2003, L’Association).
- Le Livre du Mont-Vérité (2002, L’Association, collection Éperluette).
- Oupus 1 (1997, L’Association).
- Livret de Phamille (1995, L’Association, collection Ciboulette).
- Omelette (1995, L’Association, collection Patte de Mouche).
- Moins d’un quart de seconde pour vivre (avec Lewis Trondheim) (1990, L’Association, collection Éperluette)












Joanna Hellgren Suède
Il y a les premiers tomes qu’on lit, et puis ceux dont on attend instantanément la suite, ou la fin, avec impatience, dès la dernière page lue… Le premier épisode de « Frances », de Joanna Hellgren, est de la seconde catégorie.
Avec une infinie sensibilité, Joanna Hellgren crée des situations subtiles ou le genre humain est exploré avec profondeur et justesse ; sans jamais sombrer dans le piège du pathos, elle trace une destinée complexe à chacun de ses personnages, et démonte savamment les liens familiaux, leur poids, les choses cachées, avec conviction et justesse. Un ultra-réalisme quant au traitement des personnages joliment bousculé par un univers graphique plein de charme, évoquant l’art naïf et au trait faussement hésitant.
Joanna Hellgren étudie l’illustration et les arts graphiques à Konstfack, l’École Supérieure d’Art et du Design de Stockholm, puis à Paris pendant trois ans, ou elle collabore aux magnifiques calendriers des éditions Cambourakis. Depuis, elle enchaîne les participations à des collectifs en Finlande, en France, en Italie, aux Etats-Unis. Elle travaille désormais dans la banlieue de Stockholm, où elle écrit pour un journal de graphisme, réalise des travaux d’illustration dans la presse et l’édition et se consacre à l’écriture de plusieurs livres, dont l’attendue suite de « Frances » (parution prévue pour 2010).
Bibliographie sélective
Sa bibliographie sur BulleDair
Quelques incontournables de Joanna Hellgren :
- Lapin (2009, L’Association)
- Frances (episode 1) (2008, Cambourakis)
- Mon frère nocturne (2007, Cambourakis)


Jonathan Larabie France
Jonathan Larabie est un de ces auteurs trop discrets, de ceux que l’on déplore de ne pas croiser davantage dans les étals des bonnes librairies.
À croire qu’il a mieux à faire, à parcourir le monde, ou, à défaut (et en skate), sa ville de Grenoble, ce qui lui donne assez de matière (autobiographique la plupart du temps) pour nous proposer, avec une malice rare, quelques nombreux carnets de voyage, fanzines auto-édités (sa série des « La Belle Vie ») et autres publications en ligne, fort heureusement pour nous ; ainsi au cours des dernières années, on a vu ses séquences souvent acides, toujours pertinentes, relayées par la crème de la micro-édition et de l’édition alternative, des Taupes de L’Espace à FLBLB (via les revues FLBLB, Carbone 14, Le Nouveau Journal de Judith et Marinette, Comix-Club, ou encore Ferraille Illustré), en passant par les sites 40075km comics ou Grand-Papier. On le sait également très attaché à une certaine culture du fanzine nord-américain : il diffuse en France les fameux « King Cat » du grand John Porcellino avec passion et désintérêt total.
Son style très lisible, son trait reconnaissable servi par un encrage limpide, son découpage très personnel eurent tôt fait de faire de lui un auteur à suivre de près. Son site web est un savant fourre-tout multimédia (planches de bandes dessinée, illustrations, photos, textes, emprunts…)
Bibliographie sélective
Sa bibliographie sur BulleDair
Quelques incontournables de Jonathan Larabie :
- En Bulgarie (2004 , Les Taupes de L’Espace)
- Botanica (2001, FLBLB)
- Notes pour plus tard (2002, auto-édité)
- Victime de la rue (2008, auto-édité)




L.L. De Mars France
L.L. De Mars naît en 1967 dans une ville où le suicide est considéré comme une mort naturelle. La deuxième cause de mort la plus fréquente est due aux redoutables chutes de défenestrés.
En 1975 il apprend grâce à l’école en général et au sport collectif en particulier que son prochain n’est pas nécessairement son prochain ; il peut maintenant affronter la vie l’âme vaillante.
En 1985, il a un ami.
En 1987, ce dernier se tire une balle dans la tête dans sa bibliothèque.
Entretemps, L.L. De Mars a décidé de faire de la bande dessinée son métier, d’aller à Angoulême pour constater qu’avant d’être une école de bédé une école est toujours une école et de revenir un an après tout jaune et tout maigre avec le nez tout mou.
À son retour, il découvre le magazine Vécu. Il décide d’arrêter la bande dessinée.
En 1996, pour dérider son amie Johanne, il lui demande quel est son animal favori. « Le pingouin », qu’elle dit. L.L. De Mars lui en gribouille des tas. Elle va mieux. Un copain lui dit « je connais un type qui publierait ça ». Le type publie. Ça fait deux petits livres de rien du tout. L.L. De Mars se rend compte qu’il aime toujours bien dessiner des trucs.
Depuis 1999, il publie dans des petits magazines toutes les planches dont personne ne voulait en 1988. Il y en a encore pas mal d’autres dont personne ne voudra avant 2011. Alors il en fait d’autres, en attendant que Pascal Doury ressuscite.
Quelques répères bibliographiques égrenés au fil des années : dirige la revue littéraire La Parole Vaine (KdM éditions, 1994/1997) | Fleur, (éditions Oh la vache!, 1995) – conte pour enfants | L’Envol, avec Erstenes (édition Oh la vache!, 1995) | Pingouins (éditions treize étrange, 1996) | Le retour (éditions treize étrange, 1997 | De l’humour libéral, l’invention de l’idiot moderne (Le Bon accueil, 2000) – actes du colloque éponyme | Moteurs, ou Les Augures, avec S. Batsal (MMI, 2001) – roman | Venise d’un trait (Rapport d’étape, 2002) | a, une autobiographie en trente-huit prises de vues (MMI, 2003) | Chutes revue de graphisme expérimentale, 2003 et 2004 (Chutes – Editions Chien) | Constitution (éditions Le mot et le reste, 2004) – recueil | Henri, le lapin à grosses couilles (6 Pieds sous terre, 2005) | 15 jours avant la fin du monde (6 Pieds sous terre, 2005) | Plusieurs lièvres à la fois (6 Pieds sous terre, 2005) | Maldoror, d’après Isidore Ducasse et avec Alain Hurtig (6 Pieds sous terre, 2007)| dirige la revue Enculer depuis 2008 | Moeurs étranges de perpendicule, avec Jampur fraize (L’Œuf, 2008) | Quelques prières d’urgence à réciter en cas de fin des temps (Les Rêveurs, 2009)
Biographie, filmographie, discographie & bibliographie complètes ici : www.le-terrier.net
Bibliographie sélective
Sa bibliographie sur BulleDair
Quelques incontournables de L.L De Mars :
- Quelques prières d’urgence à réciter en cas de fin des temps (2009, Les Rêveurs)
- Maldoror, d’après Isidore Ducasse et avec Alain Hurtig (2007, 6 Pieds sous terre)
- 15 jours avant la fin du monde (2005, 6 Pieds sous terre)
- Henri, le lapin à grosses couilles (2005, 6 Pieds sous terre)
- Pingouins (1996, Treize Etrange)





Marc-Antoine Mathieu France
Marc-Antoine Mathieu est dessinateur et scénariste de Bande Dessinée. Il est né en 1959 et vit près d’Angers, où il suivit les cours de l’école des Beaux-Arts ; puis travaille dans une agence de graphistes-scénographes (Agence Lucie-Lom) spécialisée dans la création d’expositions. Lucie-Lom a réalisé entre autres celles d’Espagne-Espagne pour Angoulême 1989, God Save the Comics sur la BD américaine à Angoulême 1990 et quelques espaces de l’exposition Opéra Bulles qui s’est tenue fin 1991 à la Grande Halle de la Villette. En 1987, Marc-Antoine Mathieu signe Paris-Mâcon chez Futuropolis (collection X), album remarqué dans lequel on découvre déjà toute sa maîtrise du noir et blanc.
Mais c’est surtout avec L’Origine, publié aux Éditions Delcourt, que l’auteur se révèle être, non seulement un graphiste hors pair, mais également un conteur de talent. On retrouve dans cet album en noir et blanc les influences de Kafka, Borges, Reeves, ses auteurs privilégiés, mais aussi les ambiances des films de David Lynch ou de Terry Gilliam, cinéastes qu’il admire. Cet album est très bien reçu : il reçoit l’Alph-Art Coup de Cœur à Angoulême 1991.
Unanimement reconnu par la presse, meilleur premier album 1990 aux Salons d’Audincourt et Mulhouse, sélectionné dans les dix Indispensables 1990 et Alph’Art Coup de Coeur à Angoulême 1991, sélectionné pour le Prix Philip Morris à Genève, L’Origine est assurément une des meilleures surprises de l’année 1990. Quatre tomes supplémentaires sont venus compléter la série : La Qu…, le Processus (Meilleur scénario à Angoulême 1994, où Mathieu innove encore et toujours avec Le Processus, en offrant à ses adeptes la première spirale en volume de l’histoire de la bande-dessinée…), Le Début de la fin et La 2,333ème Dimension. Le quatrième tome de la série paru en 1995 montre une fois encore les capacités d’imagination et d’innovation de Marc-Antoine. Véritable star en Finlande (L’Origine fut Meilleur Album de l’année en 91, La Qu.., second Meilleur Album en 92) et en Estonie, Mathieu est égalemment publié en Allemagne.
En octobre 2006, sortie de Les Sous-sols du Révolu – Extraits du journal d’un expert. Un accord passé entre le musée du Louvre et Les éditions Futuropolis, permet chaque année, à un artiste de revisiter le Louvre : Marc-Antoine Mathieu nous entraîne dans les profondeurs du musée en compagnie de Eudes le volumeur et de son assistant un certain… Léonard. Il y multiplie les fausses pistes, les mises en abyme et les réflexions sur l’art.
Bibliographie sélective
Sa bibliographie sur BulleDair
Quelques incontournables de Marc-Antoine Mathieu :
- Dieu en personne (2009, Delcourt)
- La voiture symétrique (2007, L’Association, collection Patte de Mouche)
- Les sous-sols du révolu, extraits du journal d’un expert (2006, Futuropolis)
- Oupus 4 (2005, L’Association)
- L’Ascension et autres récits (2005, Delcourt)
- Le Peintre Touo-Lan-Hank (2004, Editions de l’An 2)
- Le Dessin (2001, Delcourt)
- Julius Corentin Acquefacques (5 tomes, 1990-2006, Delcourt)
- Comix 2000 (1999, L’Association)
- La Mutation (1993, L’Association, collection Patte de Mouche)







Nancy Peña France
Nancy Peña est née le 13 août 1979 à Toulouse, d’un père collectionneur de bd et d’une mère dévoreuse de romans. Après avoir obtenu une agrégation en arts appliqués en 2003, elle part enseigner à Besançon et publie sa première bande dessinée. Depuis elle partage son temps entre son métier de professeur et celui d’auteur et d’illustrateur pour la presse.
Bibliographie sélective
Sa bibliographie sur BulleDair
Quelques incontournables de Nancy Peña :
- Tea Party (2009, La Boîte à Bulles, collection Contre-Jour)
- Mamohtobo (avec Gabriel Schemoul) (2009, Gallimard, collection Bayou)
- Drozophile numéro 7 (2008, Drozophile)
- Le chat du kimono (2007,La boîte à bulles)
- La Guilde de la Mer (2 tomes, 2006, La Boîte à Bulles collection Clé des champs)
- Les Nouvelles Aventures du Chat Botté (2 tomes, 2006-2008, Six Pieds Sous Terre, collection Lépidoptère)
- L’Affaire du Siècle Tome 5 (2005-2008, fanzine)
- Le cabinet chinois (2003, La Boîte à Bulles, collection Contre-Jour)
- Patate Douce, numéro 4 (2003, Le Potager Moderne)







Pascal Rabaté France
Pascal Rabaté est un auteur de bande dessinée français, né le 13 août 1961, vivant et travaillant à Angers. Il se lance dans la bande dessinée en 1989 après avoir étudié la gravure à l’École des Beaux-Arts d’Angers au début des années 80. Il a réalisé des BD en noir et blanc, en lavis et en couleur, et propose au fil de ses œuvres des univers très variés. Influencé par Buzzelli, Battaglia, Bofa et Alexis, son trait oscille entre le réalisme et le grotesque. Son adaptation en bande dessinée du roman d’Alexis Tolstoï « Ibicus » lui vaut un succès critique et public notable qui lui permet d’être considéré comme un grand auteur contemporain.
Bibliographie sélective
Sa bibliographie sur BulleDair
Quelques incontournables de Pascal Rabaté :
- Le petit rien tout neuf avec un ventre jaune (2009, Futuropolis)
- Bien des choses (avec François Morel) (2009, Futuropolis)
- Harry est fou (2007, Gallimard, collection Fétiche)
- Les petits ruisseaux (2006, Futuropolis)
- La Marie en Plastique (avec David Prudhomme) (2006, Futuropolis)
- Patate Douce, numéro 5 (2004, Le Potager Moderne)
- Bienvenue à Jobourg (2003, Le Seuil)
- Comix 2000 (1999, L’Association)
- Un temps de toussaint (avec Angelo Zamparutti) (1999, Amok, collection Feu !)
- Premières Cartouches (1999, Vents d’Ouest)
- Ibicus (1998, Vents d’Ouest, collection Intégra)
- Périphéries (1994, L’Association)
- Les cerisiers (1992, L’Association, collection Patte de Mouche)
- Les pieds dedans (3 tomes, 1992, Vents d’Ouest)









Ronald Grandpey France
De nombreux pseudos, de multiples casquettes, et autant de créations, autant de voies creusées : il est très dur de classer l’infatigable Ronald Grandpey, qui, de fanzines en courts-métrages d’animation, de pochettes de disques en illustrations, n’en finit pas d’imposer son nom (le principal, désormais).
En 1994, il signe le premier d’une longue lignée de comix, et rejoint rapidement l’équipe du Simo ; puis, arrivé à Rennes, il prend part au fanzine hebdomadaire « Chez Jérôme Comix », où il commence son jeu d’identités multiples, qui le suivra longtemps (Melvil Massacre, Peep.s, Pedro de la Vega…), et collabore à plusieurs revues et collectifs (FLBLB, Judith &Marinette, Bob, Stereoscomic, Polyominos, « Comix Club » au Groinge, Silver, Dopututto, « Fabuleux Furieux » aux Requins Marteaux, Chutes, La Chose, …), et développe une vraie présence online (de multiples sites, des comix en ligne, et des contributions à 40.075km.net ou Grandpapier.org, entre nombreuses autres choses). Des nombreuses pages, pixels, flipbooks, disques, et projections plus tard (à Barcelone, St-Petersbourg, Austin TX…), il collabore régulièrement avec Milan Jeunesse, tout en restant actif au sein des éditions Misma.
Bibliographie sélective
Sa bibliographie sur BulleDair
Quelques incontournables de Ronald Grandpey :
- Lapin #39 (2009, L’Association)
- clip pour YeaBig + Kid Static Stomp the pedal
- clip pour le groupe Expérience Des héros
- Ils ont des Nouveaux Pouvoirs (2005-7, auto-édités)
- Raison d’État (1995/2005, Misma)
- Crève en Chemin (2004, FBLB, flipbook)




Troub's France
Jean-Marc Troubet, né en 1969 à Pessac, a fait des études aux Beaux-Arts de Toulouse, puis d’Angoulême. Depuis, il vit à la campagne, voyage beaucoup, et publie régulièrement. Ses rêveries et ballades (dessinées comme il respire) l’entraînent souvent auprès des zones de contact avec carpes, vaches, iguanes et autres créatures contemplatives à forte activité télépathique, tandis que ses reportages l’attirent dans des réalités riches en flagrances vécues. Dans un même trait de pinceau, il conjugue sa propre ligne de vie et les nombreuses lignes d’horizon que ses voyages l’amènent à côtoyer.
Bibliographie sélective
Sa bibliographie sur BulleDair
Quelques incontournables de Troub’s :
- Les recettes de Philippe le pâtissier (2009, Alain Beaulet, collection Les Petits Carnets)
- Le paradis… en quelque sorte (2008, Futuropolis)
- J’veux pas oublier mon chat (2007, Max Milo)
- Penser parallèle (2005, Rackham, collection Capitaine Blood)
- Choco Creed – Spécial Nature (2005, Café Creed)
- La bouille (2002, Rackham, collection Capitaine Blood)
- Les Carnets de Troub’s (2002-, Alain Beaulet)
- Meuh ! au pré des vaches (2002, Rackham, collection Capitaine Blood)
- Comix 2000 (1999, L’Association)






William Henne Belgique
William Henne est un auteur de bande dessinée et cinéaste belge, né à Bruxelles en 1969. Il est aussi éditeur et producteur.
Avant de rejoindre en 1998 le collectif La Cinquième couche, William Henne publie en 1994 son premier recueil de bande dessinée, L’épuisement, à compte d’auteur. En 2001, il réalise l’adaptation en bande dessinée d’un épisode du Poulpe, La disparition de Perek d’Hervé Le Tellier, aux Éditions Six-Pieds-sous-Terre. Depuis, il apporte annuellement une pièce supplémentaire à l’édifice cohérent qu’est sa bibliographie. Il publie aussi divers courts récits dans Frigobox, Le Matin, Comix 2000, Jade, Le coup de grâce, Nos restes, Cola de Mono, George, etc et sur GrandPapier (www.grandpapier.org). On peut observer dans bon nombre de ses récits que leurs structures temporelles sont dictées par le souci de mettre à jour le sens de l’action.
Il est également le fondateur avec la réalisatrice Delphine Renard du studio de cinéma d’animation Zorobabel (www.zorobabel.be), coordinateur de l’Atelier Collectif, producteur et réalisateur de plusieurs films d’animation, primés un peu partout autour du globe.
L’ATELIER COLLECTIF était à l’origine une expérience ponctuelle qui peu à peu est devenue récurrente. C’est un atelier de formation au cinéma d’animation ouvert à tous, qui fonctionne avec des moyens professionnels (les films sont finalisés en 35 mm et en HD). Après des années d’existence et de nombreux courts métrages réalisés, il est en passe de devenir un lieu mythique et reste une expérience unique au monde. L’AC désigne l’ensemble des personnes qui s’inscrivent dans les projets de réalisation de court métrage d’animation en équipe développé à Zorobabel. Le principe réside dans le fait que tous les participants sont co-auteurs du projet. L’Atelier Collectif conçoit tout le film de façon collective depuis le scénario jusqu’au montage final. Toutes les décisions sont prises en commun dans une logique de démocratie participative.
Bibliographie sélective
Sa bibliographie sur BulleDair
Quelques incontournables de William Henne :
- Les songes [reliefs] (2009, La Cinquième Couche)
- Le Poulpe, tome 8 : La disparition de Perek (avec Hervé Le Tellier) (2001, Six Pieds Sous Terre, collection Céphalopode)
- Le Coup de Grâce (2006, La Cinquième Couche, collection F.)
- La permutation (errata) (2006, La Cinquième Couche, collection Extracteur)
- La station (2005, La Cinquième Couche, collection Extracteur)
- La Régression (avec François Olislaeger) (2005, La Cinquième Couche, collection Extracteur)
- L’annonceur (2003, La Cinquième Couche, collection F.)
- La poursuite (2001, La Cinquième Couche, collection Extracteur)
- Comix 2000 (1999, L’Association)



















